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3 conditions pour retrouver la Paix

Pour recruter ses membres, l’organisation « Etat Islamique » appuie sur leurs plaies. Cette organisation a créé un mythe. Une vision. Un projet. : la vengeance. La vengeance d’une idéologie sur une autre. C’est fort, car une idéologie ça passe les frontières même quand on bloque les aéroports.

Chaque société a des brebis égarées. Nous avons tous été, à un moment dans notre vie, exclus d’un cercle familial, professionnel, associatif… Et nous connaissons tous ce profond sentiment d’injustice et d’amertume qu’est l’exclusion. C’est normal.

Je me souviens, lorsque j’avais vingt ans, diplôme d’ingénieur en poche, être parti faire quelques années d’études en Allemagne. J’avais étudié l’allemand pendant 7ans, j’aimais cette culture, et avais eu l’occasion de me faire beaucoup d’amis Allemands en France. Je partais donc avec un profond a priori positif et l’envie de m’intégrer. Et pourtant, j’ai mis beaucoup de temps à apprendre les codes. Ce fut une épreuve de s’intégrer dans chaque groupe (ma classe, ma maison partagée, la chorale, mon club de sport, et même le groupe d’aumônerie locale qui reste ma pire expérience ratée d’intégration).

Est-ce que les Allemands me rejetaient ? Non. Est-ce qu’ils faisaient des efforts pour m’expliquer les codes ? Non, pas vraiment non plus. Mais je me souviens avoir plusieurs fois nourri une haine profonde contre le peuple, à en avoir envie de brûler leurs voitures tellement j’avais d’amertume de voir mes énormes efforts ignorés. Par exemple, le soir où j’avais cuisiné un magnifique gratin dauphinois pour toute la maison d’étudiants et où chacun était venu se servir puis était reparti manger dans sa chambre. Choc de culture. Je ne me suis jamais senti aussi Français et j’ai détesté les Allemands.

Je comprends – Ô combien – il doit être dur aujourd’hui de naître dans une banlieue et combien il faut être fort pour ne pas céder aux sirènes de la haine lorsqu’on se fait refuser un job ou on reçoit une petite remarque sournoise laissant entendre que l’on est arabe donc un peu à part. Un peu spécial, en moins bien. Moins bosseur, moins fiable. Bref un gars de seconde zone. Combien il faut être fort pour ne pas être tenté de faire passer ses origines arabes avant tout, au point d’en oublier qu’on est français, né et vivant dans une démocratie libre et ouverte.

Aussi pour retrouver la Paix, pour que nos jeunes se sentent fiers de notre république, de leur liberté d’expression, de leur éducation et qu’ils ne cèdent plus aux sirènes de Daech il y a 3 conditions :

-1- Surtout ne pas réagir en tapant. Ca ne fera qu’amplifier l’effet boomerang. Taper en Syrie, ça renforce immédiatement la force de la vision de l’Organisation Etat Islamique. Ca leur donne du fioul pour recruter et renforcer leurs positions en Europe.

-2- Créer un projet. Une vision meilleure. Un chemin « incluant » afin de donner les codes de l’intégration des jeunes banlieusards dans notre pays. Cela passe par l’exemplarité à tous les niveaux. C’est le rôle des responsables de notre pays. Le chef de l’Etat en premier lieu – nous l’attendons fermement sur ce sujet – et aussi des chefs d’entreprises. Prêcher l’intégration, c’est la pratiquer. Et y investir un peu plus de temps qu’avant.

Comme le dit si bien Lazare – comédien engagé – « Il faut donner la faim à ces adolescents des quartiers. La faim et l’envie de vivre et d’aimer, d’avoir soif de cet amour ».

-3- Proposer plus de cultures et plus de travaux aux jeunes des banlieues. Car pour une brebis égarée qui saute le pas d’aller en Syrie, il y a en a 99 autres qui serrent les poings et les mâchoires très forts, qui résistent et qui rêvent très fort d’intégration. Ils n’attendent que ça. Qu’on leur tende la main. Savez vous que 80% des chauffeurs d’Uber Paris viennent du 93 ? Et ils bossent dur. Leur voiture nickel et leur sourire font pâlir les taxis franchouillards de G7. C’est aussi un peu pour ça que j’ai décidé de créer GoJob. La plateforme de ceux qui veulent bosser.

Apportons chacun notre pierre à l’édifice. Comme Lazare, j’appelle autour de moi pour trouver des signes de vie.