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Gojob bannit le CV pour accélérer l’embauche d’intérim – Les Echos

Publié le vendredi 19 avril 2019 par Paul Molga (Correspondant à Marseille)

Grâce à des algorithmes de matching semblables à ceux des sites de rencontre, la start-up fait correspondre profils et missions avec moins de 1 % d’erreur. La start-up dispose aujourd’hui d’un vivier de 70.000 profils qualifiés dans une quarantaine d’agglomérations.

Un quart d’heure pour trouver le bon profil, satisfait ou remboursé. Avec cette promesse disruptive, la start-up  Gojob est entrée avec fracas sur le marché de l’intérim . Quatre ans après sa création à Aix-en-Provence, cet acteur 100 % digital du travail temporaire a séduit 650 entreprises et répondu avec succès à plus de 5.000 missions l’an passé. Son secret : un algorithme de matching comportemental semblable à ceux des sites de rencontre basé sur l’analyse croisée d’éléments de savoir-faire et de savoir-être, tels que motivation et mobilité. « Nous voulons rendre l’intérim aussi facile d’usage qu’appuyer sur un bouton pour commander un chauffeur », explique le président-fondateur de Gojob, Pascal Lorne.

Six employés sur 48 s’occupent à trier quotidiennement des centaines de profils susceptibles de rejoindre les métiers de la vente, de la logistique et du tertiaire. Leurs outils : des tests en ligne, des « escape games », des sessions de speed dating mais aussi l’exploration des profils sur les réseaux sociaux et la notation, façon eBay, des missions précédentes sur la ponctualité, l’aptitude au travail en équipe, la présentation ou la résistance au stress. « Nous observons la capacité des candidats à réagir à des situations conflictuelles. Poussés dans leurs retranchements, ils se dévoilent comme auprès d’un ami. Nous, nous digitalisons en quelque sorte ce bouche-à-oreille », résume l’entrepreneur.

Combinaisons optimales

Avec ce système la start-up dispose aujourd’hui d’un vivier de 70.000 profils qualifiés dans une quarantaine d’agglomérations et elle trouve les meilleures combinaisons possible pour faire correspondre un poste et un candidat mobilisable par SMS. « Nous enregistrons moins de 1 % d’erreurs », assure-t-il. La société ajoute que 20 % des intérimaires finissent par être embauchés en CDI. Pour doper sa présence, Gojob a levé l’an passé 17 millions d’euros, dont 12 en dette pour garantir ses besoins en fonds de roulement et 5 en fonds propres pour consolider son avantage technique. Elle a doublé l’équipe R&D (15 salariés) pour accélérer la performance des algorithmes.

Gojob espère atteindre son point d’équilibre l’an prochain avec 10.000 embauches temporaires auprès de 3.000 entreprises. Au rythme de 20 % de croissance mensuelle depuis sa création, l’entreprise a réalisé 10 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an passé et en anticipe 25 cette année.

Article à lire sur lesechos.fr