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Vers une entreprise plus humaine
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Vers une entreprise plus humaine

Face aux urgences environnementales et sociales, le monde du travail doit se réinventer. De quelle manière ? Les intervenants au grand débat organisé par « l’Obs » ont partagé leurs réflexions et leurs solutions pour l’avenir.
27 oct. 2020
L'Obs

C’est un patron, un assureur, qui le dit : « Nous sommes face à des urgences environnementales et sociales, et on ne pourra pas les affronter sans les entreprises. Et aujourd’hui, l’attente à leur égard n’a jamais été aussi forte, en particulier du côté des plus jeunes, qui sont à la fois les prochains consommateurs et les talents de demain, ceux qu’il faut attirer. Aussi, les entreprises se doivent d’adopter un comportement vertueux. Cela va se généraliser : en 2049, on peut imaginer un nouveau modèle de capitalisme. » Pascal Demurger, directeur général du groupe Maif, défend depuis deux ans l’idée que performance économique et éthique peuvent aller de pair, comme il l’a développé dans son livre « L’entreprise du xxie siècle sera politique ou ne sera plus » (éd. de l’Aube). Et son groupe s’en veut l’exemple : Demurger vient de faire de la Maif « une société à mission », affichant publiquement ses objectifs sociaux et environnementaux. « Devenir une entreprise engagée est un acte politique, mais qui participe à notre rentabilité : nos résultats ont été multipliés par quinze en dix ans, et notre turnover est de moins de 3 %, contre 15 % dans le secteur de l’assurance », se vante-t-il.

Le modèle de la Maif est un bon point de départ pour s’interroger sur le visage de l’entreprise de demain.

Dans le cadre du cycle de conférences sur le monde en 2049, « l’Obs » s’est penché le 15 octobre sur le sujet. La soirée s’est tenue au laboratoire d’innovations Liberté Living-Lab, dans le cadre du ShiftLab 2020

(un événement dédié à la réflexion sur la convergence entre performance économique et impact social et environnemental). Elle ne pouvait mieux tomber, alors que l’univers professionnel est bouleversé par la pandémie de Covid-19. Avec l’explosion du télétravail et les débats sur « le monde d’après », chacun questionne aujourd’hui les vertus et les missions des entreprises.

La crise sanitaire est un puissant accélérateur de ces réflexions.

« L’entreprise de demain sera libérée de la structure pyramidale », prophétise d’entrée de jeu Duc Ha Duong, entrepreneur,cofondateur de la tribu Officience. Chez cet ancien du groupe Orange, il n’y a ni hiérarchie lourde ni process contraignants.

Tout fonctionne sous forme de « projets », autour desquels des gens se retrouvent par affinités. Certains projets peuvent être temporaires, d’autres sur du plus long terme, et chacun peut participer à plusieurs d’entre eux, qu’ils soient salariés, en free-lance ou bénévoles.

« Chez nous, chacun s’occupe de ses propres congés, de ses augmentations, etc., poursuit Duc Ha Duong. C’est plus serein pour tout le monde. Je ne tiens pas à être le plus riche du cimetière. Au moins, je n’ai plus la culpabilité de mettre 20_personnes aux fers. »

Autre exemple d’entreprise « libérée » : le cabinet d’architectes Projective, redéfini comme « accélérateur d’innovation ». « Chez nous, l’humain et le partage sont au centre de tout, insiste son fondateur Jérôme Galletti. Chaque vendredi, à tour de rôle, l’un de nos collaborateurs intervient pour partager l’une de ses connaissances.

Dans l’année, il doit dépenser 2000 euros pour acheter ce qu’il pense être utile à l’entreprise, aussi bien en interne que pour nos clients –_et on ne lui demande aucune justification. » Une approche innovante qui renforce l’échange et la cohésion d’équipe.

Ces deux exemples doivent inciter à « réinventer le modèle d’affaires pour demain, afin de réconcilier social et environnemental, plaide Fabrice Bonnifet, directeur développement durable du groupe Bouygues, la plupart des solutions pour faire autrement existent déjà à l’intérieur des entreprises ­: il faut juste les laisser s’exprimer­ ». Elisa Yavchitz, directrice générale des Canaux, maison des économies solidaires et innovantes, rebondit­ : « L’intelligence ne réside pas qu’à un seul endroit. Elle peut être à l’intérieur d’un groupe, et stimulée par de l’intrapreneuriat, mais elle peut aussi venir de collectifs citoyens et d’activistes parfois plus radicaux. ­» Françoise Bouyer, ex-dirigeante chez LVMH, aujourd’hui à la tête d’un cabinet international de recrutement et de conseil spécialisé sur le genre, BeThe1, plaide ainsi pour revoir le management de manière radicale, dans le sens d’une plus grande inclusion. «­ Il faut remplacer le management par l’amour, dit-elle, provocante. Aujourd’hui, toute la culture managériale repose sur des valeurs que la société nous a appris à considérer comme “masculines” l’action, le charisme, la force, etc. Et on promeut trop les prises de décisions dictées par elles. Or on sait que les projets menés avec des valeurs considérées comme “féminines” l’écoute, l’empathie, la recherche de consensus, etc., se révèlent bien plus efficaces. Ce distinguo est bien entendu artificiel, puisqu’on porte en nous toutes ces valeurs, mais il faut enfin nous autoriser à pouvoir toutes les exprimer, cela réduira les discriminations. Mieux équilibrer ces valeurs est selon elle indispensable pour aboutir à une véritable égalité, favorisant les liens humains.

L’idée est partagée par nos intervenants.

L’entreprise de 2049 portera dans son ADN une vision sociétale fondamentale, insiste Pascal Lorne, président de la French Tech Aix-Marseille et fondateur de Gojob. On voit que pour tenir une entreprise ­et ça s’est accéléré ces derniers mois avec le travail à distance­, il faut que le projet soit porteur de sens, qu’il parle à chacun, dans son fond comme dans sa forme. Sinon, ça se délite. ­

Pour y parvenir, de nouvelles formes de structure d’entreprise ou de salariat peuvent être imaginées. Mais l’important, insiste Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT, c’est bien « ­la participation des personnes dans les décisions qui les concernent. Finalement, peu importe leur statut, il faut les mêmes droits pour tous, et une plus grande implication dans la concrétisation de la vision de l’entreprise.­ » Que ce soit sur le plan managérial, social ou environnemental, tout le monde a un rôle à jouer pour construire en­2049 une entreprise libérée des servitudes d’aujourd’hui.

Publié par Boris Manenti, l'article à retrouver ici

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