Gojob lève 17 millions d’euros pour déployer son modèle numérique dans l’intérim

La start-up aixoise, créée il y a deux ans, veut conquérir de nouveaux bassins d’emplois et affiner les performances de ses algorithmes de matching.

Opération coup de poing pour le modèle d’ intérim dématérialisé Gojob  : la plate-forme de travail temporaire aixoise vient de lever un total de 17 millions d’euros, moitié en fonds propres, moitié en dettes, auprès d’un pool bancaire et de ses actionnaires historiques, Kois Invest, Breega Capital, Impacton, le fonds de dotation du cofondateur et président de GojobPascal Lorne, et plusieurs serial entrepreneurs comme lui ( Pierre Kosciusko-Morizet , Olivier Mathiot, Frédéric Mazzela , Jean-Baptiste Rudelle ). À l’issue de l’opération, le management conserve 40 % des parts.

Pôle emploi comme partenaire

Objectif de ce tour de table record dans le secteur en Europe : d’abord accélérer la percée du modèle en France. Gojob est aujourd’hui présent dans 25 agglomérations (Paris, Marseille, Lyon, Brest, Sochaux…) où il dispose d’au moins un client employeur. « Nous voulons ouvrir 15 villes supplémentaires à court terme », explique le patron. Ses atouts : une approche 100 % digitale dans une industrie encore très papivore qui ouvre la possibilité de répondre plus rapidement à la demande des employeurs à un coût deux fois inférieur à la norme, et un vivier de 1,5 million de candidats tiré de son  partenariat avec Pôle emploi . « Nous pouvons fournir un candidat en moins de 4 heures », promet Pascal Lorne.

Surtout, les profils proposés ont toutes les chances de correspondre à la demande, affirme l’entreprise. Elle utilise pour ça des algorithmes de matching entre les offres de mission et les éléments de savoir-être, tels que détermination et mobilité, récupérés en croisant entretien, réseaux sociaux et notation des missions précédentes (ponctualité, capacité de travail en équipe, qualité globale de la mission…). « Nous trouvons les meilleures combinaisons possibles en présentant au plus trois profils pour le poste », assure le patron.

Mariages improbables

Avec cette approche, Gojob a répondu avec succès à plus de 2.500 missions en 2017 (avec 86 % de recrues qui étaient au chômage depuis plus de six mois) et a opéré des mariages a priori improbables : une quinquagénaire qui n’avait vécu que de ménages a par exemple été embauchée en mission longue comme ouvrière chez PSA. La moitié des fonds levés servira à consolider cet avantage technique avec le doublement de l’équipe R & D qui passera de 10 à 20 salariés pour accélérer la performance des algorithmes afin de parvenir à « identifier finement les qualités personnelles de chaque candidat et donner une chance à chacun de trouver une mission, quel que soit son âge, son origine ou ses diplômes ».

Le Royaume-Uni en ligne de mire

Gojob doit également lancer de nouvelles fonctionnalités pour gérer plus simplement les relevés d’heures et les contrats électroniques. Avec ces outils, la start-up espère atteindre son point d’équilibre d’ici à mars 2019, soit 10.000 embauches temporaires auprès de 3.000 entreprises (contre actuellement 500), dans les domaines tertiaires et de la logistique essentiellement. Au rythme de 20 % de croissance mensuelle depuis sa création en septembre 2015, l’entreprise annonce avoir réalisé 7 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an passé et en anticipe 13 de plus cette année, puis un total de 50 en 2019. Si l’objectif est atteint, elle internationalisera alors son activité, d’abord en Grande Bretagne puis en Allemagne.

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