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Recruter un salarié en intérim, combien ça coûte ?

Comme en témoigne la hausse de plus de 8% du marché de l’intérim en France en 2018, le recours à une agence de travail temporaire est une solution de plus en plus plébiscitée par les entreprises. Une tendance qui prouve que le contrat intérim a réussi à redorer son image en montrant les nombreux avantages qu’il présente. Car si ce contrat temporaire avait mauvaise presse, c’était principalement à cause du montant de la facture faite à l’entreprise utilisatrice. De prime abord, il paraît en effet plus élevé que l’embauche d’un salarié en CDD. Cependant, si l’on est au fait des détails de la facturation on s’aperçoit vite qu’il n’en est rien. Cet article lève le voile sur les contrats intérim et vous révèle le vrai coût d’un intérimaire.

Combien coûte un intérimaire ?

Pour mieux comprendre la facture transmise à l’entreprise utilisatrice par l’entreprise de travail temporaire, il est important de savoir comment elle se constitue :

combien coûte un intérimaire

Le calcul du salaire de l’intérimaire

 

Le calcul du salaire en intérim est très simple. Il suffit de multiplier le nombre d’heures travaillées par le taux horaire brut appliqué. Pour rappel, le taux horaire intérim en France est de 10,03 euros ce qui équivaut à un SMIC mensuel de 1 521,22 euros brut, soit 1 202,92 euros net sur une base de 151,67 heures travaillées.

Conformément au Droit du travail, les salariés intérimaires ne peuvent percevoir une rémunération inférieure au salaire d’embauche d’un salarié en CDI de l’entreprise de même qualification et au même poste de travail. Par ailleurs, et si tel est le cas, il dispose des autres avantages en nature mis à disposition dans l’entreprise tels que les tickets restaurants, le remboursement des frais de transport, un véhicule de fonction, un service de conciergerie… Des primes rattachées au poste ou des primes exceptionnelles peuvent également s’ajouter.

Le coefficient de facturation

Sur le salaire brut de l’intérimaire, l’ETT va appliquer un coefficient de facturation, également appelé coefficient intérim. Il est librement fixé par chaque entreprise de travail temporaire et varie en fonction de la rareté du profil recherché, de la difficulté de l’emploi et/ou du taux horaire de l’intérimaire. Il a pour fonction de couvrir tous les autres coûts qui incombent à l’employeur : IFM, ICP et charges patronales notamment. Il englobe également la marge commerciale de l’ETT. Dans le cas où le salarié intérimaire perçoit des primes ou autres compensations financières non soumises à charges sociales, ces dernières n’entraînent pas de surcoût puisqu’elles ne sont pas prises en compte par ce taux, qui ne s’applique qu’aux éléments de salaires soumis à charges.

Si l’entreprise utilisatrice connaît déjà l’intérimaire avec qui elle souhaite travailler mais n’a pas envie de s’occuper de toutes les formalités administratives, elle peut quand même avoir recours à une ETT. Cette dernière assurera donc uniquement la gestion du personnel. Ainsi, la facture totale sera moins élevée car il n’y aura pas eu de dépenses liées au recrutement comme la publication des annonces de l’offre d’emploi, la constitution de son dossier, les entretiens…

 

Bon à savoir : le coût d’une embauche via une agence intérim en ligne est majoritairement plus intéressant que celui d’une agence classique car tout le process est dématérialisé. Cela lui permet donc de faire baisser la note tout en vous garantissant la même qualité.

Les indemnités de fin de mission

Comme son nom l’indique, l’indemnité de fin de mission (IFM) est versée à l’intérimaire et facturée à chaque fin de contrat, qu’importe sa durée. Cette prime est versée seulement si la mission est effectuée jusqu’à son terme. Elle est égale à 10% de la rémunération brute. Elle ne sera pas versée dans les cas suivants :

  • Rupture du contrat à l’initiative du salarié,
  • Faute grave du salarié,
  • Cas de force majeure,
  • Embauche immédiate en cdi au sein même de l’entreprise.

Les contrats en CDD possèdent cette même compensation financière mais connue sous un autre nom : la prime de précarité.

Les congés payés

En règle générale, les salariés intérimaires ne prennent pas de congés payés durant toute la durée de leur contrat. Une indemnité compensatrice de congés payés (ICP) leur est donc versée à chaque paie. Son montant est égal à 10% de la rémunération totale brute. Comme pour les autres salariés en CDI, ils sont fixés à 2,5 jours par mois. Pour une durée de mission très longue, les intérimaires peuvent néanmoins être amenés à poser quelques jours après accord de l’entreprise utilisatrice et de l’ETT. Ils seront alors déduits de sa paie.

Les charges patronales

Ce coût est normalement supporté par l’employeur. Hors, dans le cadre d’un contrat intérim, c’est l’entreprise de travail temporaire qui est l’employeur du personnel intérimaire. C’est donc bien à elle que revient le paiement de ces charges. Une disposition qui ne peut que plaire à l’entreprise utilisatrice.

Les coûts indirects

On les oublie souvent mais ils sont pourtant bien là et peuvent peser lourd dans la balance. Les coûts indirects induits par le recrutement d’un salarié sont multiples :

  • Le sourcing : inscription sur les jobboards et les CVthèques afin de diffuser vos offres d’emploi,
  • Évaluation des candidats : tri des CV et entretiens d’embauche,
  • Gestion des formalités administratives à l’embauche : DPAE, rédaction du contrat…
  • Gestion de la paie : émission du bulletin, versement de la rémunération et des indemnités…
  • Gestion du salarié : Accidents du travail, arrêts maladie…

Si vous faites appel à une agence intérim, vous n’aurez pas à vous préoccuper de tous ces coûts cachés car c’est l’ETT qui les aura à sa charge.

En conclusion, un coût intérimaire pas si élevé

In fine, embaucher un intérimaire s’avère bien souvent être plus avantageux financièrement qu’un recrutement en CDD. D’une part, parce que l’entreprise de travail temporaire prend en charge tous les coûts indirects liés à l’embauche ainsi que toute les formalités administrative. Elle vous permet donc non seulement un gain de temps mais aussi d’argent. D’autre part, parce qu’il est possible de bénéficier d’un allègement sur la taxe professionnelle. Enfin, il vous sera toujours possible de négocier les tarifs intérim.